Le débat sur l'avenir de la littérature se cristallise avec la lutte que mènent les librairies indépendantes contre les mégachaînes. Stanley Péan, rédacteur en chef du magazine le libraire et président de l'Union des écrivaines et des écrivains du Québec, se lance dans l'arène publique. Lisez son éditorial qui paraîtra également dans le prochain numéro du Libraire, qui sort le 18 février 2008.
Vous m’excuserez d’y revenir, d’autant plus que je pourrais vous donner l’impression d’en avoir fait une véritable obsession. Mais d’après ce qu’on pouvait lire dans un article du Devoir du 5 février dernier («Temps dur pour les librairies indépendantes au Canada anglais», par Isabelle Paré), une étude rendue publique par Patrimoine canadien, subventionnaire fédéral important, nous apprenait que les librairies indépendantes du Canada anglais continuent de perdre du terrain, au profit de mégachaînes qui occupent désormais jusqu’à 67% du marché, si l’on exclut les achats par Internet et par correspondance.
Les ventes totales de livres au Canada représentaient en 2006 plus d’un milliard et demi de dollars, et l’étude de Patrimoine canadien établit à 20 % la part de marché déclinante des libraires indépendants. Certes, chez nous, au Québec, la situation n’est pas aussi alarmante, du moins pas encore; la part combinée des chaînes Renaud-Bray et Archambault se situerait aux alentours de 44 % du marché.
Qu’on me comprenne: au contraire d’une ridicule idée reçue, ce n’est pas que j’en aie contre les librairies franchisées en tant que telles. L’existence de ces réseaux solides peut être perçue comme le signe de la vitalité de notre marché du livre et la garantie que la population de toutes les régions, même les plus excentrées, puisse bénéficier d’un accès au livre, à la culture. L’ennui, c’est quand l’expansion des chaînes se fait aux dépens des librairies indépendantes et, par extension, de la «bibliodiversité» dont ces dernières ont traditionnellement été les ardentes et fidèles défenderesses.
Mais, ainsi que l’illustre l’exemple anglo-canadien, l’avènement d’un quasi-monopole, peu importe l’étendard, serait à long terme périlleux pour l’avenir de la littérature nationale. Depuis des années, la mainmise d’Indigo-Chapters au Canada anglais a non seulement entraîné une guerre des prix néfaste pour les petits libraires, mais également limité la distribution de certains titres jugés «moins vendeurs», occasionnant ainsi des difficultés à bon nombre d’éditeurs indépendants, qui n’arrivent plus à placer leurs titres sur les rayonnages de ces points de vente. Quand les deux tiers du marché ne sont plus ouverts à votre production pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la qualité littéraire, c’est la richesse et la diversité de notre littérature qui en prend pour son rhume.
Les solutions à ce problème ne sont pas évidentes dans une société comme la nôtre, toute entière assujettie aux sacro-saints diktats du libre marché; et sans doute exigeront-elles une volonté politique claire de favoriser la littérature et la culture, plutôt que le laisser-aller qui contribue à la «best-sellerisation» outrancière du marché, qui sévit ici comme ailleurs. Au colloque Médias et démocratie. Informer est-il encore d’intérêt public, tenu conjointement par la CSN et la Fédération nationale des Communications à Québec du 1er au 3 février dernier, l’ex-premier ministre Bernard Landry a, en quelque sorte, battu sa coulpe à propos de la relative désinvolture dont il avait preuve en 2001 au moment de l’acquisition, par le Groupe Gesca, des principaux quotidiens d’opinion de la province en 2001 (Le Soleil, Le Nouvelliste, La Tribune, Le Droit et Le Quotidien).
On s’en souviendra: sommé par la faune journalistique d’intervenir dans cette transaction qui soulevait le problème de la concentration de la propriété dans le domaine de la presse, qu’on voyait comme un attentat contre le droit du public à une information diversifiée, Bernard Landry (alors vice-premier ministre sous Lucien Bouchard) avait eu une formule malheureuse pour justifier l’inaction de son gouvernement: «Il faut s’en remettre à l’éthique des capitalistes.»
À la lumière des exemples de la «montréalisation» progressive du contenu des quotidiens régionaux du Groupe Gesca et du scandaleux lock-out imposé depuis plus de neuf mois par Quebecor aux journalistes et employés du Journal de Québec, Bernard Landry, contrit, a finalement reconnu que l’«éthique capitaliste» (quel oxymore, tout de même!) à laquelle il proposait de s’en remettre ne coïncide manifestement pas toujours avec l’intérêt public et le bien commun.
Dans le domaine qui nous intéresse ici, faudra-t-il attendre que la situation atteigne un tel niveau de dégradation avant que nos dirigeants se soucient du sort de notre littérature?
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anne-marie :
je ne sais pas si il y a qq qui pourrait me donner une idée sur la valeur d'un livre que j'ai trouvé un jour de pluie ce dernier est le premier d'une serie de sept le nouveau larousse illustré de a-bello par claude augé d'après les recherches que j'ai fait il serait daté de 1905 svp j'aimerais avoir plus de renseignements merci
Serge-André Guay :
Alors pourquoi le bulletin de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois fait-il la promotion de l'américaine Lulu.com au lieu des initiatives québécoises?
http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/actualite.123.htm
Gaël Benoit :
Je crois qu'il s'agit là d'une tempête dans un verre d'eau. Pour une industrie qui profite de larges subvention, les éditeurs n'ont qu'à proposer des titres intéressant qui trouvera une niche dans le lectorat. Pathétique de parler de «montréalisation». C'est faire preuve de petitesse et un visible manque de perspective et d'innovation. Si à Québec on se sent pas de taille, il ne faudrait pas s'apitoyer sur son sort et jeter la faute à Montréal pour la pauvreté de la diffusion des ouvrages. Quand on sait pertinemment que des éditeurs impriment 5000 livres moches pour en pilonner 4500, le tout pour profiter des mise en place d'office dans les grandes chaînes justement, et profiter du programme des pertes engagées qu'offrent les crédits d'impôt: c'est ça la réalité! Il y a des éditeurs ingénieux aux quatre coins du Québec, de Rouyn à Chicoutimi, des libraires intéressés qui savent faire la promotion de titres particulièrement pointus, des acheteurs qui font preuve d'audace, des diffuseurs et des représentants engagés sont également sur le terrain. Le «braillage» des LIQ, ceux qui sont derrière la ligne éditoriale de ce portail et de la revue éponyme, est d'un pathétisme foudroyant! Au lieu de travailler les uns contre les autres, il serait temps que les joueurs du livres se serrent les coude au lieu de suivre les perspectives «brunâtre» de leur administrateur, les LIQ devraient s'engager dans un renouveau commercial au lieu de se recroqueviller sous leur petite carapace fiévreuse.
ROUSSIAU :
Le 18 novembre 2008, aux éditions Claire Paulhan : parution d'un roman inédit de Jean Guéhenno La Jeunesse morte
La Jeunesse morte est le premier et seul roman que Jean Guéhenno (1890-1978) ait jamais écrit : inédit jusqu’à ce jour, ce récit autobiographique évoque la Grande Guerre, sa Grande Guerre.
Aucun éditeur ne voulut publier ce « roman lyrique », commencé en décembre 1917 et achevé en octobre 1920. Ni l’oubli, ni l’inaction ne furent donc permis à Jean Guéhenno : « Beaucoup de nos amis sont morts tandis que nous avons la chance de vivre ; mais avons-nous le droit de nous reposer ? »
Edition établie par Philippe Niogret, annotée par Patrick Bachelier, Philippe Niogret et Jean-Kely Paulhan, préfacée par Philippe Niogret et Jean-Kely Paulhan. 288 pages. 33 photographies et fac-similés noir et blanc. Repères bio-bibliographiques. Annexes: 3 fragments autobiographiques inédits de J. Guéhenno. Isbn : 978-2-912222-29-9. Prix public: 32 €. Comptoir de vente (pour les libraires et les particuliers) : Librairie Les Autodidactes, 53, rue du Cardinal-Lemoine, 75005 Paris.
ROUSSIAU :
Erreur d'aiguillage
cybèle :
...Je t'avais écris...mais finalement, je vais y repenser...je ne sais même pas si cette adresse se rend vraiment à toi. Cyb. Sabourin, d'un bar où tu vas quelque fois par semaine...en délinquant Un délinquant vraiment sexy !!! XX ùùje t'embrasse XXX Cyb.
bruine :
Archambault et Renaud Bray, sont de parfaits exemples. L'art d'une grande enseigne est de faire croire au choix et à la diversité en cumulant la hauteur du plafond avec l'espace. Le fameux Coup de Coeur de Renaud Bray n'est rien d'autre qu' un drain très efficace pour rassurer les gens. Un drain qui canalise votre choix, vos goûts. Combien faut-il de coups de coeur Renaud Bray pour cent livres-coups de rien? Ces enseignes sont de véritables entonnoirs.
mathiopoulos :
Votre papier est intéressant; je suis généralement de votre avis et du même combat. Par contre, si je puis me permettre, il ne suffit pas d'invoquer la "bibliodiversité" pour convaincre de l'intérêt de se battre pour la sauvegarde des libraires indépendantes. L'Éthique de la préservation est un faible recours philosophique pour justifier normativement la résistance contre les pouvoirs violents, parfois totalitaires, mais souvent coercitifs du marché. Du point de vue qui est le vôtre, il faut d'une part, achetez chez l'indépendant, et d'autres part, considérer les archambaults et renaulbray comme de simples "concurrents". Vous auriez tout intérêt à approfondir et à développer vos arguments dans un autre sens car il y a de grandes faiblesses à défendre votre point de vue ainsi. Je crois qu'il y a bien d'autres façons de présenter le problème. Or, vous éviter justement de poser les questions cruciales concernant la légitimité politiques des mégalibrairies. Sans entrer dans le détail, vous dîtes: Qu’on me comprenne: au contraire d’une ridicule idée reçue, ce n’est pas que j’en aie contre les librairies franchisées en tant que telles. L’existence de ces réseaux solides peut être perçue comme le signe de la vitalité de notre marché du livre et la garantie que la population de toutes les régions, même les plus excentrées, puisse bénéficier d’un accès au livre, à la culture.
Comment pouvez-vous dire ça? Comment pouvez-vous licher le cul des mégalibrairies? Dire une telle chose, venant de votre part, ce n'est pas faire dans la nuance analytique: c'est un acte irresponsable. Je m'explique dans le commentaire qui va suivre...
mathiopoulos :
D'une part, vous posez les termes du débat un peu avant ce passage et quand vous prenez position finalement, vous hésiter d'aborder directement à la question de l'importance politique de sauvegarder la "bibliodiversité". Dans la citation du précédent commentaire, vous trouvez qu'il est ridicule de défendre la thèse selon laquelle les librairies franchisées sont en tant que TELLES (en tant que "franchisées") une nuisance pour la "bibliodiversité". Or, je ne vois pas en quoi et pourquoi vous ne pourriez pas soutenir que, par ailleurs, nous pouvons rationnellement très bien montrer par des faits et des arguments solides que nous avons un devoir (pas une idée reçue!) de considérer les Archambault et RenaultBray comme des franchises qui nuisent directement et indirectement à la "bibliodiversité". Vos posez ce diagnostic en filigrane mais vous éviter de cracher dans la mare. La question critique que vous soulever dans votre éditorial ne s'adresse pas à la franchise en tant que telle, contrairement à ce que vous dîtes dans le passage susmentionné, mais à une culture commerciale du livre qui fait passer le commerce avant la littérature, et tout ce que cela implique. Alors pourquoi ne pas en profiter pour admettre publiquement qu'il faut absolument trouver les moyens de refuser collectivement ce type de pratiques, de culture d'entreprise et d'établissements commerciaux, et que nous devons trouver les ressources normatives juridiques et politiques nécessaires à la démonstration que les mégalibrairies nuisent directement au bien commun. À vous lire, on dirait que vous évitez de tirer les conséquences qu'il faut pour mener votre propos à terme, et vous entrer dans le débat en remâchant cette pensée molle et gentille.
...la suite (et fin) au prochain commentaire...
mathiopoulos :
Le problème avec le type de réflexion que vous nous offrez apparaît quand on inverse la proposition. Certes, en tant que telle, rien ne nous permet de critiquer les franchises bonprixarchambaultrenaultbray; à l'inverse on doit dire qu'en SOI, rien ne nous garanti a priori qu'une librairie indépendante se consacre naturellement à rendre vivant et disponible la "bibliodiversité". Surtout quand les librairies indépendantes se mettent au diapason du marché (vous comprenez ce que je dis). Et je peux vous nommer certaines librairies indépendantes qui ne peuvent pas trop se vanter de ça...
Enfin, le problème est que vous travailler pour le libraire et la librairie Pantoute - toutes deux entreprises qui vendent de la littérature comme on vend des pièces de théâtre, des voyages en Asie et des disques de musique - aussi alternatif que ça se prétend - et faire du commerce, même en tant qu’Indépendant, c'est d'abord, en SOI, faire passer le profit avant toute autre chose, ne vous en déplaise.
Quand bien même vous faîtes de manière générale du bon travail et vous avez toujours refusé de vous affilier (totalement) au moloch néo-libéral, sachez que nous irons ailleurs chercher des arguments pour se rallier à la cause de la "bibliodiversité"...et vous devriez en être désolé.
m.
mathiopoulos :
Le problème avec le type de réflexion que vous nous offrez apparaît quand on inverse la proposition. Certes, en tant que telle, rien ne nous permet de critiquer les franchises bonprixarchambaultrenaultbray; à l'inverse on doit dire qu'en SOI, rien ne nous garanti a priori qu'une librairie indépendante se consacre naturellement à rendre vivant et disponible la "bibliodiversité". Surtout quand les librairies indépendantes se mettent au diapason du marché (vous comprenez ce que je dis). Et je peux vous nommer certaines librairies indépendantes qui ne peuvent pas trop se vanter de ça...
Enfin, le problème est que vous travailler pour le libraire et la librairie Pantoute - toutes deux entreprises qui vendent de la littérature comme on vend des pièces de théâtre, des voyages en Asie et des disques de musique - aussi alternatif que ça se prétend - et faire du commerce, même en tant qu’Indépendant, c'est d'abord, en SOI, faire passer le profit avant toute autre chose, ne vous en déplaise.
Quand bien même vous faîtes de manière générale du bon travail et vous avez toujours refusé de vous affilier (totalement) au moloch néo-libéral, sachez que nous irons ailleurs chercher des arguments pour se rallier à la cause de la "bibliodiversité"...et vous devriez en être désolé.
m.
dufour :
En France, la poésie occupe une place infinitésimale voire nulle chez les éditeurs. Les poètes rasent les murs. Leurs poèmes restent cachés dans des tiroirs bien clos. Qu' en est-il au Québec? Je lance cette question comme une bouteille à la mer!?
Robin :
Simplement à signaler un livre très romantique et lyrique à la mémoire de John Lennon. Idéaliste s'il en est. Un livre qui dérange... " les corps indécents " aux Editions Edilivre à Paris. On ne sort pas indemne d'un livre pareil !!
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