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Le blogue du Libraire
31 Octobre 2006
L'union fait la force
Par Stanley Péan
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Wow ! Quel coup de théâtre inattendu que celui annoncé hier, et repris ce matin à la une du quotidien Le Devoir ! En effet, quatre éditeurs indépendants parmi les plus importants de la scène québécoise ont annoncé leur intention de faire front commun pour lutter contre la convergence : Boréal, Fides, Hurtubise HMH et Québec Amérique publieront désormais un catalogue commun, démarche promotionnelle couplée au «devoir de vigilance», celui de dénoncer haut et fort toute atteinte à la «bibliodiversité». Réunis sous la toute nouvelle bannière du Regroupement des éditeurs littéraires indépendants (RELI), ces quatre maisons ont dénoncé à l’unisson la «concentration, la convergence et l'émergence de conglomérats plus intéressés aux profits qu'à investir dans la création d'un fonds littéraire» et déploré le manque de visibilité de la littérature québécoise dans les médias électroniques et écrits, en dépit des inquiétudes formulées maintes fois par le milieu.

À titre d’écrivain, de président de l’UNEQ et peut-être encore davantage de rédacteur en chef d’un journal qui fait la promotion de la librairie indépendante, je ne peux qu’applaudir cette nouvelle. Les fidèles du Libraire se rappelleront que cette «bibliodiversité» m’apparaît depuis des lustres comme un enjeu majeur dans l’écologie de notre vie littéraire, intellectuelle et culturelle. Et plutôt que de répéter ici ce qui a déjà été écrit sur la question et ses corollaires, je me permets de référer les internautes intéressés à ces pages de notre site : Cri d’alarme face à la concentration dans la librairie; Les nouveaux habits de l'Empereur; L'uniformisation de la diversité; Grande noirceur ou âge d'or;
Y a-t-il (encore) des éditeurs dans la salle?
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Les commentaires des lecteurs:
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vlf :
Les éditeurs du RELI retroussent leurs manches et agissent pour contrer la convergence et défendre leurs auteurs, nous devons certainement les féliciter. Mais n'êtes vous pas mal à l'aise de voir que cette réaction aux Québécor et cie reprend les moyens de ses adversaires? De gros éditeurs qui s'associent pour devenir plus gros, produire plus de catalogues, avoir plus de visibilité, est-ce vraiment le seul moyen d'aider la bibliodiversité? On parle abondamment de cette idée de diversité culturelle, mais quel est le meilleur moyen de l'aider vraiment? Le savez-vous? Moi non.
Bien sûr, les médias, dont la mentalité marchande tend à éclipser la mission, ont une responsabilité indéniable dans l'uniformisation culturelle. Un travail énorme d'éducation et d'information reste aussi à faire. Il serait possible de créer des subventions spéciales pour "littérature du terroir" et "appellation poétique contrôlée", comme pour les légumes. Je crois qu'une chose importante serait peut-être aussi de miser sur les producteurs, les créateurs, les diffuseurs, les lieux où circule la culture, d'aider les lieux où la littérature vit plutôt que ceux où on la vend tout simplement. Mais ensuite? Est-ce faisable? par où commencer? Nous nous contentons du RELI. En attendant.

Claude Lamarche :
En tant qu'auteure, je ne sais trop que penser de tous ces efforts pour diffuser les écrits des auteurs québécois. En tant que lectrice, consommatrice de livres, je regarde comment les autres activités culturelles (théâtre, musique, peinture, danse, etc) agissent. Quelle est leur mise en marché? Devant tant de refus d'éditeurs, je me demande si les auteurs n'auraient pas besoin d'agents, comme les acteurs ou les musiciens. Comme aux États-Unis, comme en France. Les éditeurs, comme Jacques Hébert ou Pierre Tisseyre en étaient dans les années 60, n'existent plus. Tant de bons manuscrits restent impubliés, tant de livres à compte d'auteur mais qui n'ont pas nécessairement la diffusion qu'ils méritent... Tant de questions. Qui a envie d'être écrivain aujourd'hui? À moins d'être d'abord vedette. Pour un livre sur lequel j'ai travaillé trois ans, j'ai reçu 284$. Je veux bien qu'on aide les éditeurs et les libraires, et je sais très bien que le droit d'auteur a fait de grands pas dans les deux dernières décennies, mais encore faudrait-il donner la possibilité aux auteurs de continuer à écrire... en les publiant.

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